
Gilles Quéant
Biographie
Gilles Quéant, né le 24 mai 1922 à Paris, est l’un de ces acteurs français dont la carrière, discrète mais solide, traverse trois décennies de cinéma. Fils d’Olivier Quéant, directeur de la revue Plaisir de France, il grandit dans un milieu cultivé où l’image, l’élégance et la mise en scène tiennent une place importante. Cette atmosphère nourrit très tôt son goût pour le jeu et l’expression artistique. Il débute au cinéma au début des années 1940, période où il apparaît dans plusieurs productions françaises prestigieuses. On le voit notamment dans Premier rendez-vous (1941) et Mam’zelle Bonaparte (1941), avant d’enchaîner avec Lettres d’amour (1942). Après la guerre, il obtient des rôles plus marquants, notamment dans Ruy Blas (1947) et L’Aigle à deux têtes (1948), où il côtoie Jean Marais et Edwige Feuillère. Ces films installent son image d’acteur élégant, souvent associé à des personnages nobles, mystérieux ou raffinés. Les années 1950 confirment sa présence régulière sur les écrans. Il tourne dans Lucrèce Borgia (1953) et surtout dans Si Versailles m’était conté (1954) de Sacha Guitry, où il incarne Racine. Parallèlement, il prête sa voix à plusieurs courts-métrages documentaires, notamment ceux de Chris Marker et Mario Ruspoli, révélant une diction précise et une présence sonore remarquable. Sa carrière prend un tournant décisif au début des années 1960 lorsqu’il participe à deux œuvres majeures du cinéma moderne : L’Année dernière à Marienbad (1961) d’Alain Resnais et Vivre sa vie (1962) de Jean-Luc Godard. Ces collaborations avec la Nouvelle Vague renforcent son statut d’acteur exigeant, capable de s’intégrer à des univers cinématographiques audacieux. Il apparaît également dans Vie privée de Louis Malle et dans Paris vu par… (1965), film collectif emblématique de l’époque. En 1967, il joue dans La mariée était en noir de François Truffaut, l’un de ses derniers rôles marquants. Peu après, il s’éloigne progressivement des plateaux. Fidèle à l’héritage familial, il reprend la direction de la revue Plaisir de France, qu’il dirige avec le même sens du style et de la rigueur qui caractérisait son jeu d’acteur. Gilles Quéant s’éteint le 29 juillet 2003 au Chesnay, à l’âge de 81 ans. Son parcours, bien que discret, laisse l’empreinte d’un comédien raffiné, présent dans plusieurs œuvres majeures du cinéma français du XXᵉ siècle.
Filmographie (26)

La mariée était en noir
Rôle : Juge examinateur

Paris vu par…
Rôle : Stranger (segment "Gare du Nord")

Gare du Nord
Acteur

Les Veuves de quinze ans
Acteur
La Saint Firmin
Rôle : Narrateur

Vivre sa vie
Rôle : First Customer

Les inconnus de la terre
Rôle : Narrator (voice)

L'Année dernière à Marienbad
Rôle : A Character from the Hotel

Les hommes de la baleine
Rôle : Narrator (voice)

Soupçons
Rôle : Le juge

Dimanche à Pékin
Rôle : Narrator

Si Versailles m'était conté…
Rôle : Racine

Capitaine Ardant
Rôle : Duval

La Taverne de la Nouvelle-Orléans
Acteur

Night Without Stars
Rôle : Inspector Deffand

Odette, agent S 23
Rôle : Jacques (as Gilles Queant)
Mademoiselle de la Ferté
Rôle : Villerupt

Satan conduit le bal
Rôle : Valentino

Du Guesclin
Acteur

L'Aigle à deux têtes
Rôle : Rudy

Le Secret de Monte-Cristo
Rôle : Rémi

Ruy Blas
Rôle : Le duc d'Albe

Les Dames du bois de Boulogne
Acteur

Lettres d'amour
Rôle : Dance madman

Mam'zelle Bonaparte
Rôle : (uncredited)

Premier rendez-vous
Rôle : A college student (uncredited)